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Les Enjeux :

Du côté démocratique le peuple a un faible pouvoir sur l’organisation de son cadre de vie puisqu’il délègue à des élus la gestion de son territoire. Malgré l’obligation légale de faire participer les habitants lors des aménagements urbains, ce sont surtout des séances d’information qui sont organisées. Les projets sont décidés par les décisionnaires tandis que les habitants attendent.

Les habitants d’un espace de vie communiquent peu entre eux. « Si je dit bonjour à une dame, elle croit que je la drague … ». La ville conserve l’anonymat et entraîne un climat de suspicion permanent… Il y a de grosse concentration d’individus, un système de grouillement au détriment des Humains. Certains individus tombent dans des problématiques difficiles (pauvreté, difficulté à faire garder ses enfants, isolement …) qui ne serait pas possible avec la présence d’un collectif fort. Cette nouvelle organisation permet à tout individu d’être connu, relié, réintégré, existé. Le lien social devient la plus grande force.

En France, la culture dominante est celle de l’organisation pyramidale. Celle du Chef dans un rapport dominant/dominé tandis qu’il existe d’autre modes de fonctionnement ailleurs. « Contrairement aux pratiques de travail social collectif ou d’organisation communautaire répandues dans d’autres pays, il n’est pas envisageable en France qu’un agent municipal encourage l’auto-organisation d’un collectif d’habitants (Baillergeau, 2002 ; Ventelou, 2006) »[1] Au Québec par exemple, perçu comme un modèle dans la participation, il est coutume de faire ensemble. Ils ont de nombreux community organizing.

Elle a pour fonction de passer de l’affrontement au dialogue, de casser les frontières psychologiques entre groupes sociaux, échelons ou groupes d’acteurs. L’objectif de la concertation doit être l’amélioration du lien social sur un territoire et l’implication des citoyens. Une concertation permet de devenir capable d’agir ensemble, de mieux se comprendre, de faire évoluer les comportements.

Ainsi un des enjeux de la coopération est de permettre une démocratie plus aboutie, où l’étranger, le jeune, les précaires, les dominés trouvent un moyen d’expression.

« Il s’inscrit dans un projet d’émancipation et de transformation sociale. L’enjeu est d’encourager l’autonomie de la société civile grâce à des garanties procédurales, des moyens, en favorisant le collectif mobilisé. » [2] « Il appelle à ne pas enfermer les habitants des quartiers populaires « dans un statut de consommateurs passifs des politiques publiques », mais de « les reconnaître comme citoyens capables de prendre collectivement en main leur propre développement et celui de leur environnement, de porter eux-mêmes leurs paroles et de conduire leurs projets » [3].

Finalement en redonnant le pouvoir d’action aux habitants, ils prennent une posture active pour leur environnement. Ces actes entraînant une nouvelle conscience n’iront-il pas jusqu’à penser l’écologie de leur habitat ?

Il existe de très nombreuses analyses et expertises sur les raisons des maux de notre société. Il est temps d’arrêter d’accumuler toujours plus de connaissances pour passer à l’action.

Comment peut-on concrètement faire société autrement ?

Participation des Habitants, concertation, co-élaboration, organisation communautaire, démocratie participative, intelligence collective… De nombreux terme qui désignent la création et la mise en place d’un projet commun, porté par un groupe d’acteur. 

Cette technique a permis par exemple de transformer une entreprise en coopérative ou au village Breton Béganne d’installer un parc d’éolienne financer par les habitants eux même visant une autonomie énergétique. Elles accompagnement des architectes lors de la rénovation urbaine ou peut aider une association à intégrer les bénévoles et salaries dans un projet commun.

Réalité visée :

Le besoin de concertation a deux origines principales : l’une est le conflit ou l’absence de dialogue entre deux groupes d’acteurs, l’autre est la volonté de construire un projet que l’on ne peut faire seul. Dans les deux cas, la concertation répond à une démarche de coopération en vue du bien commun.

Les concertations prennent surtout place dans les interstices de l’action publique : corriger, compléter, assembler, innover, inspirer les politiques publiques.

– Accompagner la création d’un aménagement urbain avec la participation des habitants

– Mettre en place de la participation des habitants dans une collectivité territoriale

– Donner le pouvoir d’agir à des habitants de répondre de manière auto géré à leurs besoins.

– Faire de l’écriture collaborative

– Créer de la science à partir des acteurs de terrain eux-mêmes

– Utiliser les méthodes de participation pour réaliser un diagnostic partagé 

Les professionnels des collectivités territoriales non-facilitateur de l’échantillon déclarent avoir des difficultés de méthode à mobiliser les publics concernés dans leurs processus de participation.

L’enquête[4] révèle aussi que 39 % des collectivités rencontrent des difficultés à planifier la concertation dans le cadre des projets, 35 % éprouvent des difficultés méthodologiques dans l’organisation de la concertation et encore 35 % considèrent difficile de discuter de façon constructive avec les publics participants.

« Il ne suffit pas de mettre des élus et les citoyens face à face dans une réunion publique pour que la confiance naisse et que le débat se révèle constructif, bien au contraire. » La participation demande toute une ingénierie. [5] D’autant qu’une participation mal faite peut entraîner des conséquences néfastes inverses.

Et les conflits dans tout ça ?

            Voir article

De nombreux terme définissent ce métier émergent : animateur sociale, designer de service, facilitateur, organisateur communautaire… Idem pour ce qui est produit : Participation des habitants, organisation communautaire, concertation, intelligence collective, outils collaboratifs, l’empowerment…

[1] CARREL Marion, « Faire participer les habitants ? Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires », gouvernement en question, (2013).p 119 (Baillergeau, 2002 ; Ventelou, 2006)

[2] HAGENMULLER Bertrand, Organiser une communauté d’action dans un quartier populaire, L’Atelier de Recherche et de Soutien aux Actions Collectives, octobre 2013, P24.

[3] HAGENMULLER Bertrand, Organiser une communauté d’action dans un quartier populaire, L’Atelier de Recherche et de Soutien aux Actions Collectives, octobre 2013, P24.

[4] Depuis 2011, Res publica réalise, avec Harris Interactive, une étude annuelle sur le regard que les Français portent sur la concertation ou la démocratie participative en partenariat avec le Courrier des Maires et la Gazette des communes. Ils ont interrogé les villes de plus de 10 000 habitants et toutes les communautés d’agglomération et communautés urbaines sur leurs propres pratiques et sur l’appréciation qu’elles portent sur les résultats obtenus en matière de participation citoyenne.

[5] Gilles JEANOT, Loic BLONDIAUX, Démocratie participative : « La professionnalisation, un enjeu décisif ! », revue Territoires, décembre 2011, p8-11.